Perso, j'ai relu avec intérêt un mail que j'avais conservé, envoyé le jour même à un ami, où ma réaction à l'attentat jouxtait des nouvelles parfaitement ordinaires, quotidiennes. Un mélange surprenant avec le recul.
Néanmoins, je ne peux m'empêcher de trouver ces multitudes de témoignages-confessions médiatisés un peu lourdauds. Je ne parle même pas des Américains "pur sucre" qui agitaient le drapeau national devant les caméras en gueulant "que Dieu bénisse l'Amérique", mais de gens apparemment normaux. Quelques exemples :
* Je viens de voir, au journal de France3, un Français rescapé de la première tour, exhiber avec un air compassé le costume qu'il portait ce jour-là. Il a expliqué qu'il a recueilli les cendres qui étaient dessus pour les conserver « cachées », car il disait - avec le plus grand sérieux - qu'elles sont « sacrées ».
* Il y a quelques jours, on a aussi vu à la télé l'interview d'un artiste new-yorkais habitant à quelque rues des tours, qui a pris une photo du premier impact. Il a prétendu que depuis l'attentat, la nuit, il entendait des voix...
* Il y a quelques mois, lors de l'émission de radio Le téléphone sonne sur France Inter, une dame (française habitant en France, n'ayant jamais mis les pieds aux States ni famille là-bas) expliquait (avec des tonnes de pathos) qu'elle n'en dormait plus, qu'elle avait dû suivre une analyse ou une cure...
Vous avez certainement vous-même en tête toutes sortes de témoignages mélodramatiques du même genre, tous plus théâtralisés les uns que les autres.
Une commémoration est supposée digne, discrète, retenue. J'ai vraiment l'impression qu'à vouloir trop bien faire, ces braves gens, visiblement très heureux de se plaindre, ne font que rendre un événement si grave parfaitement ridicule.









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